Histoire d’une curiste à Luchon

Oct 10, 2020 | Actualité, Tous les articles

Rencontre avec Mme Andrée Juvin qui débute sa … énième cure ! A 88 ans, grâce aux traitements thermaux, elle est encore autonome malgré une surdité sévère due à une opération.

Enfant, des otites à répétition

Née entendante, tout à fait normalement, en juin 1932, je contractais la rougeole à cinq ans, et commençais à connaître très vite les affres des otites à répétition, qui au fil du temps, affectèrent mon audition. Assez vite, mes parents m’amenèrent en consultation chez un spécialiste oto-rhino qui en guise de traitement, conseilla de mettre des gouttes d’huile chaude pour calmer les douleurs…

Ce dont je me souviens particulièrement, c’est d’avoir souffert des jours et des nuits, l’hiver surtout, de ces douloureuses otites, que quelques gouttes d’huile chaude calmaient momentanément pour me torturer ensuite !

A la maison, je me revois cherchant des yeux les visages pour essayer de comprendre les conversations, mes parents, mon frère, ma sœur, entendaient normalement. Mais c’est surtout à l’école qu’une maîtresse extrêmement attentive constata mon audition de plus en plus défaillante et mes efforts désespérés pour « comprendre » avec les yeux ce que les oreilles ne captaient plus…

En 1944, à 12 ans je commençai à ressentir à l’intérieur de la tête des bruits surprenants, agaçants, incessants, des bourdonnements dont je ne connaissais pas le nom : ce cauchemar des acouphènes qui m’empêchaient de m’endormir ! Bien sûr, ces bruits se sont amplifiés au fil du temps, n’ont jamais cessé, jours et nuits, mois après mois, années après années… On ne s’y habitue jamais, on ne connaît jamais le silence puisque, dans la tête, c’est comme une usine ! il faut apprendre à vivre AVEC ! …

En 1949, en route pour Luchon

C’est en 1944, qu’on nous parla pour la première fois de Luchon et des bienfaits des cures thermales. Luchon c’était à l’autre bout de la France…

Je n’ai pu y aller qu’à l’âge de 16 ans après être immatriculée à la sécurité sociale.

Encadré par des infirmières de l’Hôtel Dieu de Nantes, tout un groupe de jeunes et d’enfants dont j’étais, s’exila pour trois semaines en commençant bien sûr par un long voyage en train…

Et là, ce 22 juin 1949, au bout du monde, puisqu’on est presque en Espagne… le train nous emmena au cœur des Pyrénées, devant un paysage extraordinaire, de montagnes, de verdure, de paix, de beauté. J’en garde un véritable choc émotionnel, un sentiment d’émerveillement, la découverte, sous mes yeux éblouis, d’un paradis sur terre ! Cette première impression en débarquant à Luchon, ne m’a jamais quitté toutes les années qui ont suivi, jusqu’à aujourd’hui.

Notre groupe Nantais, enfants et jeunes, était hébergé à l’Hôpital Thermal, habilité à recevoir ces jeunes curistes. C’est là également que consultait le Docteur Sammuler pour la surveillance des soins aux Thermes Chambert. Je le souligne, car ni le Pavillon Impérial, ni l’immense bâtiment du Vaporarium n’existaient. Et Chambert, avec ses belles verrières, ses énormes baignoires en marbre gris, ces minuscules cabines où les médecins faisaient des insufflations, le petit nombre de personnes qui y circulaient, les curistes n’étaient pas nombreux. Chambert… c’était le temple de la vie et de la santé.

Une cure de 21 jours

Tous les matins pendant 21 jours, par la rue Lamartine et les allées d’Etigny, notre petit groupe accompagné, s’en allait à Chambert pour faire la cure. J’y allais présenter mes oreilles malades, nez, gorge aussi aux sources Blanche, Reine, Richard, Romains, grotte, etc… et dans le but et l’espoir d’une amélioration, sinon d’une guérison. Il y avait beaucoup moins de services, donc de soins qu’aujourd’hui.

En dehors des Thermes, le matin, tous les après-midis, nous crapahutions vers les vallées et sommets accessibles, bien encadrés : vallées d’Oueil, d’Oô, du Lys, Superbagnères, le Céciré… ces sorties sportives, complétaient sans aucun doute le bénéfice des eaux sulfurées de Luchon. Et pour ma part, j’y ai attrapé le virus de la randonnée en montagne  ! Je fis quatre cures consécutives : 1949-50-51-52, toujours en juin, juillet, suivis d’hiver très confortables, sans rhumes et surtout sans otites !

En conclusion

Je peux témoigner, en toute simplicité, mais avec force et conviction que si aujourd’hui à 88 ans, je suis encore totalement autonome, et que je peux vivre normalement, c’est grâce aux soins des Thermes de Luchon. Je souhaite également souligner la compétence, l’efficacité, l’attention de tous les instants du personnel des Thermes dans son ensemble.
En somme, les eaux de Luchon ne sont rien sans le travail du personnel à notre service. Un grand merci à tous et à chacun.

Augusto Bruno

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